" La machine à rêves est un moteur, avec comme combustible le néant,
elle tire
son énergie de ce qui n'est pas, pour en faire ce qui est.
"



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Machine à rêves et principe d'incertitude


Depuis les temps anciens, en passant par la bible et toutes les religions en général, depuis Socrate, Platon et jusqu'à nos philosophes contemporains, la croyance en vigueur est que l'on peut perfectionner le monde et le rendre meilleure, la science étant alors là comme support à cette croyance, et qu'avec l'avancée de cette même science, le monde entrerait dans une spirale de continuelle amélioration.
Dans cette perspective, il y aurait comme une base, un socle sans faille et indéstructible, c'est à dire une réalité en soit non-chaotique parfaite et permanente. L'homme, du haut de sa raison, et sur cette base faite de certitudes, serait là pour construire des systèmes toujours plus parfait. Il n'y aurait en soit aucune limite à cette ascension, avec au final l'homme dans toutes ses possibilités et son accomplissement, un homme arrivé à son appogé qui pourrait éradiquer les effets néfastes de la nature, qui aurait au-delà de cette même nature et de la création en générale. Nous arriverions alors à des espèces de citées de lumière, ou la souffrance serait éliminée de l'humanité, un espèce de rêve d'immortalité.
Rêve d'enfant, rêve d'adolescent, tel est le tableau des croyances qui nous gouvernent, fondement même de nos individualités et société.

Le principe d'incertitude énoncé par le physicien Heisenberg, qui définit la relation entre ce que nous pourrions appeler les deux ventricules d'un continuum est là pour nous annoncer le contraire, toute réalité nait et se défait, et cela vaut aussi pour le savoir.

Pour dire les choses simplement, et toujours dans le cadre de notre continuum, un ventricule étant l'absence de l'autre, plus on connait l'un, moins on connait l'autre. En des termes physique, et si nous prenons un cours de tennis avec la balle qui va d'un camp à l'autre, plus on connait avec précision la position de la balle, moins on connait sa vitesse, ce qui revient à dire, et à travers le continuum espace-temps, que plus en connait avec précision la notion de temps, moins on connait celui de l'espace, l'un étant l'absence de l'autre.

Pour en revenir à notre balle de tennis, le but étant pour le joueur de la renvoyer de la meilleure manière dans le camp adverse, si celui si se concentre trop sur la position de la balle, il ne connait plus alors la vitesse, et lorsqu'il frappera la balle, il ne donnera pas la force adaptée et celle-ci sortira du terrain.
Le bon coup de raquette est celui qui ne prend pas trop en compte, ni la position, ni la vitesse, un coup équilibré on va dire. Le coup parfait n'existe pas, il relève de l'art et du génie de chaque joueur. La propension à donner un bon coup de raquette est ce que l'on pourrait appeler le facteur d'adaptation, dans le cas présent, à la partie de tennis en cours.

Nous nous rendons alors compte, que pour tout phénomène, ou réalité, le point d'adaptation correspond
à l'équilibre entre le phénomène et son absence, entre une réalité et ce qu'elle n'est pas.
Etre certain d'une chose, entraine une coupure entre cette certitude et ce qu'elle n'est pas, nous sommes alors dans un schéma type inadapté, le coup de raquette va mettre la balle hors du terrain. Par le fait même d'être certain, cette certitude s'effondre, le bâtiment tombe par terre.

La morale de l'histoire: Il est préférable et plus sage de n'être certain de rien et d'annoncé comme Socrate, " je sais que je ne sais rien", là est le point d'équilibre.

Dans nos temps modernes, l'homme est devenu tellement certain de lui, et cela au travers de son savoir et de sa science, qu'il est à entrevoir que ce même édifice un jour tremblera, vacillera et finalement tombera. En effet ce savoir, cette science, si certain de lui même n'est plus lié à ce qu'il n'est pas, la fonction sexuelle entre ce qui est et ce qui n'est pas n'a plus lieu. Pour dire les choses plus simplement, quand une réalité ne se définit que par elle même et qu'elle se coupe du monde extèrieur, à savoir de ce qu'elle n'est pas, là commence les problèmes.
L'homme moderne, à travers toutes ses certitudes est devenu inadapté à lui même, c'est la dégénérescence. Le résultat est l'inverse de ce que préconise même ce savoir et cette science et les valeurs qui en découlent.
La connaissance, de
sa main invisible, s'érige alors en dictature, c'est le retour vers l'obscurantisme et vers des cieux barbares.



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