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La machine à rêves est un moteur, avec comme combustible
le néant,
elle tire son énergie de ce qui n'est pas, pour en faire ce qui est. " |
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Forme
philosophique de la machine à rêves
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La
forme philosophique de la machine à rêves est intégrée
dans une dialectique très simple , qui à pour fonctionnement sa
thèse ( l'être ), son antithèse ( le néant ) et sa
synthèse ( l'être et le néant ), le tout formant une nouvelle
thèse, qui appelle elle même son antithèse ... le mouvement
peut continuer, sans fin: il s'agit d'un fonctionnement évolutif, d'une
dialectique évolutive.
La thèse, l'être:
Le mode actuel de perception des phénomènes, la façon qu'on
a de les déterminer et cela afin de les rendre perceptibles et compréhensibles,
a pour principe un mouvement de contraction consistant à réduire peu à
peu les phénomènes à eux même, c'est-à-dire, les réduire à leurs
formes conceptuelles originelles, primaires, un peu comme on purifierait l'or
pour arriver à une pépite pure, ou comme en enlèverait
les épluchures d'un oignon pour arriver au noyau. Dans ce cas de figure,
le noyau est l'essence même du concept. Mais tout le monde sait bien qu'un
oignon ne donne pas de noyau, et qu'une fois qu'on à enlevé la
dernière épluchure, il ne reste plus rien.
Pour prendre l'exemple du concept de cercle, comment pourrait-on le décrire
? On sera toujours obligé de passer par d'autres concepts pour arriver
finalement au premier. Pour en revenir à notre cercle, on sera immanquablement
obligé de parler d'espace, de lignes, ou de formes ou de je ne sais quoi
encore. La seule façon d'expliquer le concept de cercle par lui même,
serait de ne rien dire et de rester muet, dans ce cas de figure, il n'y a évidement
plus de cercle du tout.
Ce rêve d'arriver à l'essence des choses est bien sûr impossible
car si un concept ne devait se réduire qu'à lui même, dans sa forme parfaite
donc, il deviendrait alors inaccessible aux autres concepts, car lié
à plus rien, et par cela même, s'effondrerait.
La réduction phénoménologie est une limite vers laquelle
on peut tendre, mais jamais arriver. On ne peut arriver au fameux noyau ou cristal
du phénomène réduit à sa seule essence, il s'agit
là d'un rêve impossible.
L'antithèse, le néant:
Nous pourrions nous amuser à imaginer la limite inverse à celle
de la réduction phénoménologique, nous pourrions l'appeler
l'expansion phénoménologique, le mouvement inverse de la contraction:
Au lieu d'enlever des épluchures, on en rajoute, jusqu'à la limite
impossible elle aussi, ou l'oignon serait tellement grand, qu'il ne ressemblerait
plus en rien à un oignon, et ne serait donc plus oignon.
Pour être moins métaphorique, nous dirons qu'au lieu de réduire
le phénomène à lui même, on l'élargit aux
autres phénomènes.
Revenons en encore au cercle, la réduction phénoménologique
tendrait à arriver à cette limite impossible du cercle parfait.
Dans l'expansion phénoménologique, on tendrait vers la limite
inverse, à savoir le cercle le moins parfait qu'il y a. En étant
moins cercle , celui-ci devient plus semblable aux autres phénomènes
qui eux ne sont pas des cercles.
Par exemple , en s'allongeant, notre cercle devient plus proche du concept d'ovale,
en devenant plus anguleux il s'approche alors de celui du carré ...etc
On passe d'un mouvement centripète à un mouvement centrifuge,
d'un principe corpusculaire à un principe ondulatoire, pour employer
des termes de physique. Dans sa forme corpusculaire, le concept se concentre
sur lui même, dans sa forme ondulatoire, il rayonne vers tout ce qui n'est
pas lui.
La synthèse, l'être et le néant:
Amusons nous et lions ces deux principes:
Ces deux limites impossibles forment comme les pôles d'un continuum.
Nous avons d'une part la limite impossible du concept dans sa forme réductive,
et d'autre part la limite impossible de ce même concept dans sa forme
expansioniste. Ces deux limites à travers le continuum forment un univers,
dans lequel est contenu tout ce qui à attrait de près ou de loin
au concept en question.
Pour l'exemple , encore notre cercle: nous avons d'une part la limite impossible
du cercle parfait et d'autre part la limite impossible du cercle le moins parfait,
ces deux limites forment un continuum dans lequel est contenu tout ce qui dans
l'univers a trait de près ou de loin au concept en question, cela va du cercle
le moins parfait vers le cercle le plus parfait.
Nous arrivons à une nouvelle formulation du principe même de concept:
Un concept se définie par le continuum qui s'étend entre deux
limites, la première limite est celle du concept dans sa forme la plus
réduite à elle même, la deuxième limite est celle
de ce même concept dans sa forme la plus éloigné à
elle même. Cer ensemble contient tous les phénomènes de
l'univers se trouvant entre ces deux limites et ayant rapport avec le concept
en question.
La relation qui lie ces deux limites est une relation d'absence. A titre d'exemple:
Est absence de cercle tout ce qui ne correspond pas à cette limite du
cercle parfait, de la même manière, est cercle tout ce qui correspond
à l'absence de ce qui n'est pas cercle.
Nous employons ici la notion d'absence, car le cercle parfait n'est pas le contraire
du cercle le plus imparfait, nous parlons seulement de limites, l'un n'excluant
pas l'autre et chacun contenant un peu de l'autre. Pour cette raison, nous employons
ce concept d'absence, qui paraît le mieux adapté à la situation
en question.
Nous pouvons même ajouter, pour clore ce chapitre que les deux limites
de ce continuum, l'une étant l'absence de l'autre sont reliées
toutes les deux par le principe d'incertitude. En effet, plus on connaît
l'une, et l'une étant l'absence de l'autre, moins au final on connaît
l'autre, c'est d'une logique enfantine.
L'intérêt de cette vision des choses est simple, avant, un concept
ne se définissait que par lui même, c'était une vision que
l'on pourrait nommer égocentrée, pauvre, maintenant, un concept,
et à travers la notion de continuum, se définie aussi par rapport
à tous les autres phénomènes de l'univers, cela l'enrichit
de façon extraordinaire.
Un concept n'était avant qu'une chose entreposée parmi d'autres
dans un bazar, liée à son propre néant, donc à rien,
et sans intérêt aucun. Maintenant dans sa nouvelle carapace de
continuum, il est identique à la lumière, il se lie à toutes
chose, lie les choses entre elles, éclaire et donne lumière à.
Le monde phénoménologique devient un immense océan rempli
de continuums de toutes sortes, les uns imbriqués dans les autres, tel
un véritable magma. A travers cette notion de continuum, chaque phénomène
se lie à tous les autres, et bien qu'indépendant et propre, est
lié à toutes choses de l'univers, et cela vaut pour tous les phénomènes,
c'est à dire pour tous les continuums existants.
Il n'y a plus de choses seules, isolées, non interdépendantes,
à titre d'exemple, même un morceau de météorite,
un caillou perdu dans le fin fond du cosmos reste lié à toutes
choses en soit.
C'est la fin du régne despotique du concept égocentré,
ou toute chose, se définissant par elle même, restait dans son
manteau de solitude, isolée du reste du monde, comme un objet entreposé
et sans valeur. Dans sa nouvelle difinition, c'est un monde qui s'écroule,
nous sortons du moyen-âge pour arriver vers des temps de lumière,
c'est ce que l'on pourrait appeler, l'effondrement conceptuel, car en effet,
c'est bien tout l'ancien édiffice qui s'écroule et est anéanti.
Dans sa nouvelle peau, un concept devient, de par son interdépendance
à tous les autres concepts, léger, vaporeux, et semblable à
un rêve, nous entrons dans le monde de la machine à rêves.
La nouvelle thèse:
La synthèse, " l'être et le néant " forme ce que
nous pourrons appeler un continnum ( voir plus bas la forme
physique de la machine à rêves ) , ce continuum forme une nouvelle
thèse, un nouvel " être " qui lui même appel son
antithèse, puis une nouvelle synthèse, à savoir un nouveau
continuum.
Chaque génération de continnum contient le savoir, la mémoire,
le capital, l'expèrience du continnum précédent, il s'agit
d'une dialectique évolutive.