" La machine à rêves est un moteur, avec comme combustible le néant,
elle tire
son énergie de ce qui n'est pas, pour en faire ce qui est.
"



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La jouissance, sa distribution et combustion


Nous commencerons par poser les trois formules suivantes, qui sont le postulat de ce chapitre:

1 - La jouissance est commerçante, et elle consiste à voler l'autre ( de sa jouissance ).

La jouissance est commerçante, dans le sens où elle accepte tous les systèmes, tous les négoces, tous les compromis, du plus sage au plus extrême. Jouir c'est voler l'autre, car il y a en a toujours un qui jouit plus que l'autre et ce " plus " se fait au détriment de l'autre. L'un jouissant et dominant au détriment de celui frustré dominé. Ce dernier ne peut jouir qu'à travers la jouissance du premier, à travers le rapport dominant / dominé. L'exemple le plus concret est celui que l'on peut voir tous les jours dans le monde naturel, la survie de l'un se fait toujours au détriment de la vie de l'autre.

2 - Jouir, c'est abattre tous les obstacles qui mènent vers cette même jouissance, cela consiste à abattre l'autre, dans cette concurrence vers le fruit de la félicité.

Le jeu de la jouissance ne s'opère pas seul, il s'agit d'un combat, à l'issu duquel, c'est le plus fort qui jouit. En abattant l'autre, est enlevé la faiblesse, cette dernière sera donc au service de celui qui jouit, de celui qui gagne et qui emporte tout.
Le meilleur exemple est celui du règne animal: Le mâle le plus puissant abat d'abord les autres concurrents, pour ensuite féconder les femelles, c'est la garantie d'une génétique saine, de la continuation de l'espèce.
Le gagnant, le jouisseur, crie victoire histoire d'humilier une dernière fois le vaincu, à savoir celui qui ne jouit pas. La jouissance est en soit exubérante, fiévreuse, extravertie; elle se montre, défie, histoire de pousser l'autre à une nouvelle rencontre, à un nouveau combat, c'est ainsi que les choses avancent. Il y a un vainqueur et un vaincu, mais les deux sont liés par un sentiment indestructible qui est celui de la reconnaissance, on reconnaît le vainqueur, on reconnaît le vaincu, l'un se défini par rapport à la situation de l'autre.

3 - Le but de la jouissance est de conserver le feu sacré, le feu sacré qui uni les hommes, le feu sacré qui donne envie à chacun de continuer le chemin, jouir est la garant de la continuité.

La jouissance est donc le feu sacré qui d'une part lie les hommes ( dans le cas de l'espèce humaine ), et d'autre part qui donne une continuité aux événements, aux individus et à l'histoire.
Le but du jeu est une fois la flamme apparut, la converser et la transmettre, aux siens, aux générations futures.
Cette flamme, ce feu, est le point d'équilibre entre l'individu et les siens, entre l'individu et le monde extérieur, et cela dans un mouvement, dans une continuité.
C'est ce qui donne à chacun se sentiment de bien-être quand apparaît le soleil, c'est aussi ce qui va donner à l'individu la force d'aller jusqu'au crépuscule, c'est ce que l'on pourrait appelé la force vitale, la force créative, la force sexuelle.


Domaine de définition de la jouissance :
La jouissance à comme roi l'acte sexuel, le plus représentatif, le plus puissant, celui que fait se mouvoir les individus avec le plus de véhémence.
Comme disait Freud, tout est sexuel, ou pour être plus précis, tout est soumis au règne de la jouissance, car c'est le lien qui unit les hommes, le lien qui unit les choses.
Cela va du footballeur qui vient de marquer un but, et qui sous l'ovation du public trépigne de joie et lève les bras en signe de victoire.
Cela passe par tous nos constructeurs, de maisons, de châteaux, de villes, et la satisfaction de l'œuvre réalisée, on ne brandit pas les bras en l'air, mais on est intérieurement satisfait.
Idem pour nos artistes, nos penseurs, qui jour après jours peaufinent un tableau, une sculpture, une idée, pour qu'un jour, l'œuvre se lève d'elle-même et crie victoire.
Tout acte qui commence par un abatage, à savoir retirer un à un les obstacle qui mène au fruit de la jouissance, au fruit de la réalisation, que ce soit dans le travail, pour le sport, dans le domaine spirituel, politique ou autre, se termine obligatoirement par un état de jouissance.
Là est donc le domaine de définition de la jouissance.


La jouissance voleuse, le mythe de Caïn et Abel:
L'exemple le plus concret de notre jouissance voleuse, nous le rencontrerons dans la bible, à travers le mythe de Caïn et Abel.
Dieu donne plus à Abel qu'a Caïn, dieu ce positionne en commerçant et définit les règles de la jouissance, ce qu'il donne à l'un, il doit le retirer à l'autre, ce qui s'ensuit d'un désir de vengeance, et Caïn tue son frère.
Le mythe de l'humanité commence par un homicide, fruit d'un commerce, fruit d'un vol. Il y a eu meurtre, donc retour impossible, la règle du jeu est fixée à jamais et on ne peut en sortir. L'humanité commence avec le goût de la tragédie, le goût de l'errance, et du vagabondage.


Origine et sens de la jouissance :
Il y aura dans toute relation, dans tout échange, un commerçant un voleur et un volé, trilogie tragique qui réduit l'homme à une destiné de vagabond, d'errant, d'être isolé qui ne peut prétendre à aucune harmonie durable, et devant inventer chaque jour de nouvelles stratégies pour subvenir au " il fait froid" , " il fait faim " , " il fait mal "et surtout, " il fait seul ", c'est la tragédie dans toute sa splendeur.
Toute l'histoire, toutes nos petites histoires, qu'elles soient personnelles ou générales, seront des variations de ce thème de départ.
Cette tragédie est un cercle rouge dont on ne peut sortir.
Ce sera le point de départ du sentiment même qui anime tout homme, à savoir la vision de cette tragédie, et se poser la question du comment sortir de ce drame.
Veine lutte, victoire d'un instant, d'un jour, l'homme ne trouvera sa liberté que dans la jouissance, et au final, il perdra.

Mais dans sa défaite, il aura pour lui le trésor de toutes les jouissances qu'il aura accumulé, se sera son trophée, son triomphe, sa revanche, ce qu'il a joui, personne ne pourra le lui prendre.
L'homme existe, est, au travers de ce qu'il a joui, de ce qu'il jouit et de ce qu'il jouira, tout ce qui n'a pas été vécu est définitivement perdu, et accusera un peu plus le poids de la tragédie.
A tous les carrefours de ce monde, qu'est-ce que l'on se raconte ? Les histoires de l'homme et de ses jouissances. Peu importe qui est le vainqueur ou le vaincu, l'important est d'avoir participer.

Etrange dichotomie, étrange impossibilité à un bonheur durable, et qui n'a de sens que celui du progrès, de l'évolution, ou chaque chose, chaque être est porté, obligé à toujours aller de l'avant, et cela en passant de la situation du vaincu à celle du vainqueur.
L'humanité n'a de sens que dans la transcendance de la tragédie, objectif qui ne pourra jamais être atteint, mais qui laisse derrière lui un capital, un capital de jouissance, un capital humain. Ce capital doit être entretenu chaque jour, chaque minute, chaque instant, tel un feu que l'on maintient. Ce feu, c'est l'homme lui-même, c'est sa liberté, son orgueil, sa fierté, sa raison de vivre. Ne plus maintenir le feu, c'est retourner à l'état de vagabond errant.


Celui qui jouit est au-dessus, est roi:
La jouissance est reine, elle est la pierre de voûte de tout édifice.
Le jouisseur se trouve au-dessus de tout, il est là avec une vision dominante, avec une position dominante, il est au sommet de la vague de l'évolution, c'est lui qui remporte tout.
" Vague " , car le jouisseur utilise la force des autres pour se soulever, et cela en volant la jouissance de l'autre, c'est le leader.
" Evolution " car en se soulevant, en étant le leader, il sait utiliser un capital ( capital humain, économique, de savoir …etc ) existant pour le faire fructifier et l'amener vers un ultime stade culminant, c'est ce qui a de plus évolué.
Tout ce qui se trouve en dessous est uniquement là pour maintenir et servir cette situation privilégiée.
Ce roi à tous les pouvoirs, de vies comme de morts, intouchable, comme un oiseau planant dans les airs et non soumis à l'apesanteur.
Nous comprendrons donc facilement l'engouement de tous à vouloir postuler à ce poste, tous les combats seront bons pour y accéder.
Cette situation de pierre de voûte est au-delà de toute morale, transcende même la notion de bien et de mal, car elle est à pour régner, qu'elles qu'en soient les conséquence et les moyens.
Sans elle, l'édifice s'écroule, et il n'y a plus rien, on ne peut donc rien lui reprocher, elle n'a donc pas à se justifier.


Notion de " l'autre ", apparition de l'autre:
Cette partie du jeu humain se déroule sous le signe de l'abatage, à savoir abattre les obstacles qui vont donner lieu à la victoire et au sentiment de jouissance, l'un devra vaincre l'autre.
C'est dans ce combat pour la jouissance, que l'individu prend connaissance et la re-connaissance de l'autre et du monde extérieur.
Jouir, c'est donc sortir de soit même et connaître ce qui est autre que soit même.
Que ce soit comme gagnant ou comme perdant, dans un cas comme de l'autre, la notion de " l'autre " apparaît.
Jouir est le lien magique qui unit les choses, les évènements et les individus, dans une perspective d'enrichissement, car à chaque victoire, on s'est enrichie, et à chaque défaite, l'on se voit dans l'obligation de reprendre le chemin de la victoire.
Sans jouissance, il n'y a plus rien, c'est la neurasthénie, tout se délite.

La connaissance et la reconnaissance de l'autre, au travers d'un combat mène à l'apparition de l'autre dans le paysage personnel, ce sentiment s'appel l'amour.
L'amour est intimement lié à l'abatage, au combat qui mène au sentiment amoureux, l'un est forcément lié à l'autre, l'un ne va pas sans l'autre.
Le mouvement naturel est l'amour comme fruit du combat, mais bien des fois, l'amour arrive en premier, l'abatage arrive derrière, cela s'appel la passion amoureuse, avec toutes ses exubérances, toute sa véhémence, toutes ses brûlures.

Distribution de la jouissance dans la relation homme femme:
Dans le domaine sexuel, celui qui jouit le plus, domine son partenaire et le met à son service. Le dominé est là tel un âne ou une ânesse à donner du plaisir sous toutes ses formes au dominant.
La jouissance est intrinsèquement voleuse, là ou elle s'exprime, elle diminue automatiquement les capacités de l'autre. Celui qui est asservie ne peut trouver sa jouissance qu'en donnant de la jouissance à l'autre.

Le schéma classique, depuis des siècles, des millénaires, est la femme au service de l'homme, c'est le système machiste.
La femme est au bon vouloir et à la bonne jouissance de l'homme, la femme est là pour donner du plaisir à l'homme, l'équilibre se trouve là, le continuum homme-femme trouve son équilibre dans ce que la femme est une inclusion de l'homme.
Plus l'homme à de plaisir, moins la femme en à et vis versa, mais la base de l'édifice, c'est l'homme volant la femme, lui volant son plaisir, lui volant sa jouissance.

Il y a des systèmes plus extrême comme le modèle Musulman, la feu sacré de la jouissance est précieusement conservé, la femme est entourée d'un voile, rien ne doit transparaître. Cette frustration de la femme qui doit se nié ne peut se décompenser que dans la jouissance de l'époux dans le nid conjugal, nul par ailleurs.

Le modèle le plus extrême est celui ou l'homme enlève toute possibilité de jouissance à la femme via l'ablation du clitoris.
Ne pouvant jouir, la femme ne peut sexuellement qu'être esclave de l'homme. La femme prise dans la tourmente de l'impossibilité de jouir, en sera réduite à la folie d'un désir inassouvie, une folie qu'elle rendra à l'homme en le faisant jouir à la folie.
C'est un négoce extrême ou la femme à tout le pouvoir sur l'homme, en effet, à être réduite à rien, elle est une esclave sexuelle, esclave de l'homme en générale car c'est elle qui s'occupe de tout, du travail, de la famille, elle devient le centre de tout et finalement, les hommes sont réduits à rien, ils ne sont de gros bourdons venant copuler et ensuite allant se reposer et discuter sous un arbre. C'est le mâle dans son infini jouissance et aussi dans son infini inutilité.

Le modèle de la jouissance égalitaire, le modèle de la jouissance démocratique est un leurre, un mensonge, il consiste à dire que les jouissances sont égales, ce qui est intrinsèquement impossible. Ce modèle est possible uniquement en niant la notion même de jouissance, et en la remettant à plus tard, c'est le syndrome de demain sera meilleur, du meilleur des monde. La conséquence est un amenuisement des forces sexuelles jusqu'à leur épuisement. Ce sont les couples qui peu à peu se délitent, c'est la désintégration de la notion même de couples, du continuum sexuel, du sexuel.


Distribution de la jouissance, notion d'organisations, de règles, de lois:
Comme tout le monde le sais, la loi, la règle survient lors de l'avènement d'une organisation, lors de l'apparition d'un groupe humain, c'est ce qui va déterminer le jeu relationnel, la distribution de la jouissance entre les différents individus du groupe.

Le modèle le plus simple de cette distribution, est celui de la pyramide, avec en haut un chef, un roi, un individu qui à l'autorité suprême sur tous les autres, ensuite en descend d'un étage, avec des subordonnés, obéissant à l'autorité suprême, mais eux aussi ayant une autorité sur les subordonnés de l'étage inférieur…etc.
C'est la modèle par excellence de la jouissance, ou l'un domine l'autre, ou l'un se positionne vis-à-vis de l'autre comme vainqueur ou comme vaincu.
Le fait de l'organisation est qu'elle est acceptée par tous, jusqu'à une nouvelle re-distribution, à savoir mort du roi, coup d'état …etc.


Règne animal, règne humain :
Le règne animal est aussi soumis, conditionnés par les trois règles de la jouissance.
Nul besoin d'aller chercher bien loin, la contemplation de la nature nous l'apprend de suite, c'est le gros poisson qui mange le petit, et pour cela, il ne lui demande pas l'autorisation.
La nature est commerçante, c'est la loi du plus fort, le vol du plus faible. Dans cette nature, tous les négoces sont permis, ce qui donne lieu à tous types de créatures et à tous types de comportements de ces mêmes créatures, l'unique roi est donc le plus fort, le plus malin, le plus adaptatif, le plus jouissif au sens musclé du terme, il mangera l'autre pour sa propre conservation.
Il faut cependant ajouter que dans ce chaos de muscle, naît une harmonie, l'harmonie de cette même nature, harmonie de la diversité, un peu comme une mécanique avec ses rouages s'imbriquant les uns les autres, et qui au final, permettent la continuité de la vie en générale.
La notion même de vie, de richesse de la vie va avec la multiplication des négoces, donc, de la diversité.

Le règne Humain est autre, la dictature de la jouissance est toujours là, implacable, mais notre petit homme a cette possibilité en plus de pouvoir modeler, moduler la distribution de la jouissance.

Le premier point, et le plus important, est qu'il à la faculté de pouvoir s'abattre lui-même et de se donner la possibilité, à travers le travail, de réaliser, de construire tout un tas de nouvelles combinaisons qui auront donné lieu à l'avènement de l'homme et des civilisations.
A ce stade là, nous en sommes encore à un type primitif de la distribution de la jouissance, les hommes construisent, mais cassent aussitôt, le chaos règne de façon permanente, c'est encore la loi du talion qui prime en ces termes: " tu me voles un œil je te vol le tiens, tu me voles une dent je te vol la tienne ".

Le deuxième point, et qui n'est pas non plus des moindres, est l'abatage de la notion même de la jouissance, cela a donné lieu dans le domaine moral à l'avènement de relations type non violentes, dans le domaine politique à la démocratie.
Nous en sommes au deuxième stade de la distribution de la jouissance, à savoir que " si tu me gifles, je te tends l'autre joue ".

C'est l'homme volant la nature dans son essence même, son essence naturellement violente, forte et musclée.

Mais il ne faut pas oublié que même dans ce cas de figure, du vol de la jouissance, nous restons encore dans son cadre, et encore une fois, il y aura un vainqueur et un vaincu.
L'homme à vaincu la nature, le temps d'une décennie, le temps d'un siècle, mais cette même nature reprend vite ses droits. Le talon d'Achille de cette distribution égalitaire, est qu'en niant la notion même de jouissance, on détruit la base de l'édifice, à savoir la force vitale, la force sexuelle, le sentiment même de fertilité et de toute créativité, le goût du combat de tout être. On arrive au final à des systèmes, à des individus de plus en plus mous, qui au ne savent plus se défendre, ne rentrent plus dans cette compétition du progrès et de l'évolution.
Tous ses systèmes faute de base sont donc voués à l'effondrement, ils ont bataillé pour sortir de la tragédie, mais la guerre n'a pas été gagnée, la guerre ne sera jamais gagnée.


Distribution égalitaire de la jouissance:
La distribution égalitaire de la jouissance a littéralement propulsé l'homme vers des sommets inespérés, cela lui a permis de décupler sa force de travail, c'est l'union fait la force, une union ou les uns ne se tapent pas sur les autres, une union qui accepte de diminuer la jouissance de chacun au profit du groupe.
Cela à donné naissance aux super puissances, aux super-organisations.
" L'autre " dans ce système est entrevu comme un rouage, comme une participation à l'œuvre générale, l'abatage est un abatage d'ordre général, le feu humain qui lie les hommes entre eux est lié au devenir de la super-organsation, on tombe dans un système type fourmilière.
Le déclin de ce type de système anti-conforme au modèle naturel est donc le ramollissement, nous avons tous pu voir au travers de l'histoire du siècle passé que les grandes dépressions économiques se sont toujours relevées après une bonne guerre.

D'une manière plus générale, et en ce qui concerne les relations entre les individus : " L'autre " apparaît après un combat, c'est la dialectique jouissance / abatage.
A titre d'exemple de cette dialectique jouissance / abatage, nous prendrons le cas de la drogue : Jouir sans abatage mène naturellement et sans effort à la déchéance. Utiliser de la drogue, jouir sans ce battre, c'est s'abattre soit même.
De la même manière, " définir l'autre " sans la notion d'abatage, et cela à travers la notion d'égalitarisme, c'est abattre l'individu lui-même, et le réduire à sa forme isolée, solitaire.
Toutes nos sociétés modernes ne font que jour après jour, isoler les individus des uns des autres, c'est le mal du siècle, la solitude, les dépressions personnelles.
La relation de jouissance avec l'autre sans sa fonction d'abatage ne donne plus du miel mais de l'amertume. La distribution égalitaire avec " l'autre " définit comme règle et non plus comme combat devant aboutir à un fruit, mène au dégoût de l'autre, le vin se transforme en vinaigre, le lien qui unie les hommes se délite, on retombe dans le schéma de l'homme solitaire, vagabond et errant.


Historique de la notion de " l'autre ":
Il y dans le monde animal, c'est particularité qu'un individu n'a pas cette notion de l'autre, à savoir qu'il n'a pas cette propension à sentir la tragédie de sa vie, et à ne pas voir un lien d'aliénation entre lui-même et les autres. Il flaire le danger, s'en écarte, mais n'érige aucune conclusion ni projection sur une amélioration possible de la situation, il l'accepte, il est elle-même.
La tragédie de l'homme commence par cette prise de conscience, que si tu vis, c'est au dépends de ma propre vie à moi, d'où toutes ces guerres, toutes ces tentatives de soumissions de l'autre.
Il est à imaginer que les débuts de l'humanité ont été extrêmement meurtriers, la bible est peut être là pour nous le rappeler, avec son mythe de Caïn et de Abel, dés que l'un sentait la moindre frustration, il tuait l'autre.
Pour cela est née la loi, définissant un mode de comportement entre les uns et les autres, définissant les relations entre les uns et les autres, définissant l'un et l'autre.
La loi, la justice est le fondement même du concept de " l'autre ", de comment l'un doit traiter l'autre.
Cela a commencé par la loi du talion, avec je te crève un œil si tu me crèves le mien, cela est ensuite passé par le règne de l'amour, à savoir gérer de façon non violentes les conflits, et cela à travers " tendre l'autre joue lorsque l'on nous met une gifle ".


La mondialisation, rêve ou réalité :
La troisième étape de la distribution de la jouissance, celle -ci est fictive car pas encore de ce monde, est abattre la notion même de " l'autre ".Si en soit il n'y a plus " l'autre " distinct de soit même, il n'y a donc plus besoin, fondamentalement, de l'abattre, il y a des luttes d'intérêts certes, mais plus de lutte vénéneuse, plus de lutte belliqueuse.
Il s'agit de se voler tout ce qui a été bâti, de voler le sentiment qui lie les uns aux autres, de voler cette notion même de " l'autre ".
L'homme se volant lui-même pour retourner au point de départ, mais en emportant avec lui le capital de tout ce qui a été réalisé.
Toutes les guerres, tous les conflits depuis les temps les plus reculés viennent d'une confrontation sur les différents systèmes de distribution de la jouissance, les uns préfèrent cassé les œufs par le milieu, d'autres par le bas, et pour cette raison, on se fait la guerre.
Les guerres viennent donc d'une confrontation de l'interprétation de la distribution de la jouissance, chacun voulant soumettre l'autre à son interprétation.
Il s'agit d'une confrontation de règles, de loi, de justice, de comment donc on doit traiter l'autre.
Le mouvement actuel de la mondialisation passe par le vecteur démocratique, à savoir une distribution égalitaire de la jouissance, un pour tous, tous pour la jouissance égalitaire.
Cette distribution mène à l'appauvrissement inévitable du sentiment même de jouissance, à l'appauvrissement de l'homme dans son essence la plus intime, c'est l'homme dans tout son isolement, l'individu distinct de l'autre, c'est " l'enfer c'est les autres ", une voie sans issue.

Cette nouvelle distribution, de troisième type donc, c'est l'abatage même de la notion fondamentale d'abatage, à savoir qu'il n'y a plus de distinction entre soit et les autres. Il n'y a plus à abattre, car plus personne à abattre. C'est la re-connaissance et l'acceptation de l'autre dans sa différence et ses particularités, accepter l'autre dans son interprétation de la jouissance et la manière dont il se brûlera avec cette jouissance, avec ce feu.
C'est l'avènement de la grande famille humaine, ou en soit, on est tous frère et sœur, avec l'acceptation des particularités de chacun.
On ne cherche plus à soumettre l'autre à sa façon de penser, à sa façon d'agir, on accepte l'autre avec toutes ses particularités. On accepte aussi la confrontation des particularités, on accepte aussi de nouveau la violence liée à cette confrontation, de la même manière que l'on accepte les disputes entre frères et sœurs.

Dissoudre la notion de " l'autre " va aussi avec la dissolution de ce qui génère les frontières entre l'un et l'autre, entre les uns et les autres, les frontières en générales, qu'elles soient physique ou de droit. c'est chacun qui se gouverne, chacun qui prend ses responsabilités, chacun qui est souverain.
Cela va donc de paire avec la dissolution de la notion d'états, de gouvernements, ceux ci doivent mourir et être enterrés, avec leurs lois.
Ce n'est plus " tu ne tueras point, tu ne voleras point …. ", se sera alors " si tu tue, tu en assumeras les conséquences, si tu voles, tu en assumeras aussi les conséquences … ".

Il s'agit de l'homme revenue à lui-même, dans tous ses droits, il s'agit de l'homme responsable qui ne fait plus la distinction entre lui et les autres, c'est l'homme défait des règles sociales et de la justice, car il est alors lui même la règle sociale et le sentiment de la justice, c'est l'homme revenue à lui-même, à l'harmonie naturelle.
Il ne s'agit pas d'un retour au règne animal, non !
Cette nouvelle distribution est possible, uniquement possible parce que la tragédie humaine à été digérée, l'homme s'est assagit, il ne tue plus à la moindre frustration, il n'a donc plus besoin comme un délinquant du carcan de la règle social, il n'a plus besoin de se mettre en prison lui-même, il sait s'assumer lui-même.
C'est l'homme arrivé à l'âge adulte, avec toutes ses capacités, avec son destin entre ses mains, ce n'est plus l'enfant que l'on accuse d'incapacité à se gérer lui-même, c'est l'homme dans toute sa splendeur, semblable à un rêve.


Combustion de la jouissance : la convivialité
La jouissance et sa distribution ont pour but de donner à l'homme les conditions de son épanouissement, à savoir permettre la combustion de cette même jouissance à travers les individus formant un groupe humain.
Cette combustion, à savoir comment ont vit ensemble et comment on profite de vivre ensemble, et cela dans les meilleures conditions, sera intimement lié au sentiment de la convivialité.
Jouir tout seul n'est pas jouir, cela relève de la masturbation, qui mène inéluctablement à la déchéance et au vagabondage.

On jouit ensemble, car jouir est un acte qui lie les individus, et qui donc ne peut se faire seul. La combustion de la jouissance sera donc pour chacun, mais dans le cadre d'un activité liant plusieurs individus, d'où la notion de convivialité. Cette dernière unit donc le particulier du général. Plus les conditions de la convivialité sont favorables, plus propice sera la jouissance de chacun, et donc l'épanouissement du groupe en général.

La convivialité à donc à voir avec les conditions de vie, avec la vie en général.
Nous pourrions faire un saut en arrière, de quelques centaines de millions d'année, un saut cosmologique.

D'après le savoir actuel des choses, pour que la vie naisse, il faut d'abord une source d'énergie type soleil, ensuite une ou des planètes gravissant autour de ce soleil. Pour que naisse la vie sur une planète en question, il faut que celle-ci ne soit ni trop proche du soleil, car alors il faut trop chaud, ni trop loin car alors il fait trop froid. Si les conditions de distance planétaire par rapport au soleil sont requises, si le hasard à bien fait les choses, la vie peut normalement se développer.

Pour notre jouissance, il en va de même, celle-ci tel un être tutélaire, tel un soleil, est là pour donner l'énergie, à savoir donné un feu, élément nécessaire à unifier les évènements et les individus.
Etre trop proche de la jouissance, type négoce extrêmes, on en vient vite à être brûlé, comme diraient les Chinois Taoïstes, " trop chaud et trop sec ". Etre trop loin de cette jouissance, type distribution égalitaire, nos mêmes Taoïstes diraient " trop froid et trop humides ".

Comme il a été cité dans un chapitre précédent, l'homme à la faculté de pouvoir modeler et moduler la distribution de la jouissance, à savoir donner une incidente sur les conditions de la convivialité, ou pour dire les choses autrement, réduire le paramètre du hasard et cela dans une perspective évolutive, ce qui revient à dire, de pouvoir accélérer le phénomène d'évolution.
Il fait trop froid, un peu de négoce extrême, il fait trop chaud, un peu de distribution égalitaire, tel devrait être l'ordonnance de la distribution de la jouissance.

Comme l'a aussi démontré la nature, la jouissance est là pour appliquer son joug, c'est la base de l'édifice, cette dictature de la jouissance doit être équilibré par l'édifice qui sera construit sur cette même base, à savoir la convivialité. La convivialité va de paire avec la diversité des négoces qu'engendre la jouissance, avec la diversité tout cours, l'harmonie va avec cette diversité.
La convivialité c'est l'harmonie de cette trilogie jouissance-distribution-combustion, comme il à été dit, dans un " ni trop chaud, ni trop froid ".


Jouissance, promesses et trahisons:
Toute idée, toute vérité, toute personne, toute chose en soit, et tant qu'elle n'a pas été éprouvée par le feu de la jouissance n'est qu'une promesse.
Le seul moyen pour cette même idée, vérité, personne ou chose d'arriver à son stade de matière, adulte et non de promesse est donc de passer par la dialectique du vainqueur et du vaincue.
Le seul moyen pour cela est la trahison, de cette même promesse, pour qu'elle se fasse chaire.
L'adolescent avant de devenir adulte devra se trahir, oublier sa jeunesse, car ce qu'il voyait avec ses yeux d'enfant ne reflète pas la réalité, toutes les promesses qu'il s'était faites, qu'on lui avait faites, avaient comme compagnon l'innocence, et pour devenir adulte, il devra faire fi d'elles.
Les promesses, c'est ce qui nous a été volé, c'est ce qui sera notre capital de jouissance.

Nous ne possédons que ce qui nous a été volé ( en terme de jouissance bien sûr ).
Cet énnoncé, même si il paraît un peu surprenant et vénéneux va dans le sens classique des moeurs en général.
A titre d'exemple, un enfant ne pense qu'à jouer, se divertir et passer ses journées à courrir après on ne sait quelle chimère. Le devoir éducatif est de l'assoir sur chaise, et le forcer à se concentrer sur un sujet. On lui vole sa jouissance, sa jouissance d'enfant fait de jeux et de plaisirs. Ce qui lui à été volé sera aussi ce qui plus tard, fera de lui un adulte accomplie.

Ces mêmes promesses ne pourront se réaliser qu'à travers la jouissance, et par la trahison de ces mêmes promesses.
Apprendre à vivre commence par l'acceptation de cette situation, que nous avons été trahi, et que pour vivre nous devrons aussi trahir, car il n'y a de jeu, que celui du vainqueur et du vaincue.
Comme disait le professeur Henri Laborit dans le film d'Alain Resnais " Mon oncle d'Amérique ", dans tout projet, il y aura un gagnant et un perdant, dans tout relation, il y a un dominant et un dominé.

Il ne faut pas voir dans cette situation du perdant et du gagnant une sorte de lutte fratricide et belliqueuse des protagonistes, non, il s'agit simplement de la toile de fond, sur laquelle va se former, se nouer et se dénouer - et cela au travers de la convivialité - les prémisses d'un nouveau combat, et cela en vue d'une nouvelle distribution des rôles, et donc d'une nouvelle distribution de la jouissance.

Celui qui à rôle de gagnant profite largement de sa récompense, le perdant n'a que le récurrent besoin de percer cette bulle.
Toujours pour le perdant, baisser les bras, accepter la situation, ou quand toutes les issues sont bouchées, c'est alors l'inhibition de l'action qui provoque le stress et déclenche des maladies.





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